• Un gros coup de deprime

C'est en fait le passage psychique décalé par rapport à l'accouchement physique, c'est donc un état "normal" bien qu'anxiogène. Les sages-femmes le connaissent bien, et il peut être aussi déclenché selon chaque femme par la notion de "ventre vide" (la fin de la complétude ou fusion) l'enfant réel différent de l'enfant imaginaire, l'ictère du bébé, la fatigue du manque de sommeil, ou l'ingérence des visites. Celles-ci viennent s'immiscer dans cette délicate relation nouvelle-née où la mère fait son apprentissage. Les ingérences de toutes sortes bloquent dans certains cas, l'accès à "l'instinct" permettant les gestes justes et la réponse positive au questionnement : "Suis-je capable d'être mère ?" Cet état dépressif transitoire peut durer 24 heures et nous avons toujours su le gérer en rassurant les mères et en leur permettant une grande nuit de sommeil réparateur… Qu'en est-il des sorties précoces ? Arrivent-elles au bout de leur baby blues ?… Celui-ci peut d'ailleurs réapparaître de façon transitoire au cours du 1er mois. Le grand étonnement des sages-femmes travaillant en PG est l'absence de baby-blues. Je l'avais moi aussi constaté. Les femmes faisant leur passage psychique (l'attachement au bébé) avant l'accouchement n'ont pas à le faire après !… Il s'agirait donc bien de cela. Rappelons-nous les confidences de nos accouchées en " baby-blues " : "Je n'arrive pas à réaliser… qu'il est à moi ?…". C'est souvent cet état, si douloureux qu'il soit qui permet à celles qui n'ont pas fait leur passage, l'intégration de leur nouvelle fonction.

  • Le déroulement

Le baby-blues n'est pas une fatalité, et le vécu du post-partum se fait différemment suivant les femmes. Beaucoup le vivent sans aucune perturbation. Certaines sont plus ou moins perturbées.

Dans les tout premiers jours après la naissance, la maman fait connaissance avec son bébé et devient vraiment mère.

Le premier jour, elle est euphorique et ne cesse de contempler son nouveau-né, elle fait connaissance avec lui et “l’adopte”.

Par contre, dans la période allant du deuxième au quatrième jour, la jeune mère est souvent plus triste, c’est la phase du baby-blues. Son bébé lui semble si fragile, si dépendant, qu’elle craint de ne pas être à la hauteur de la tâche qui l’attend, de ne pas être une bonne mère. De plus, elle est alors plus vulnérable, hypersensible, ce qui renforce ces émotions contradictoires, la joie et la crainte. Il s’agit d’une dépression passagère touchant beaucoup de jeunes mamans, qu’elles aient ou non déjà d’autres enfants.

La fatigue de la grossesse et de l’accouchement, les émotions vives liées à ce grand événement qu’est la naissance, la montée de lait, le bouleversement hormonal, ... sont autant de facteurs qui rendent la jeune maman plus sensible.

  • Symptômes

Les signes de la dépression sont variables d'un individu à l'autre. Généralement, le baby-blues se caractérise par de la tristesse, une envie constante de pleurer, des idées noires. Ces symptômes s'installent peu à peu, avant même le départ de la maternité. Parfois, le baby-blues démarre un mois après la naissance. Sa durée est plus ou moins importante, allant de quelques jours jusqu'à quelques semaines.