L'école maternelle

Toutes ces questions se posent avant l'entrée à l'école maternelle et se reposeront au moment du cours préparatoire. Bien que l'adaptation à l'école maternelle et aux classes suivantes soit déterminante pour l'aptitude de l'enfant à affronter les difficultés ultérieures, les mêmes problèmes ont tendance à apparaître à chaque transition. Si vous avez le choix entre plusieurs écoles, visitez-les toutes. Recherchez un équilibre entre les apprentissages cognitif et social. Si l'on accorde trop d'importance aux acquisitions cognitives, c'est peut-être que le besoin de l'enfant de se développer en tant qu'être social n'est pas pris en compte.

L'organisation matérielle, l'adaptation à chaque enfant des rythmes d'activités, d'enseignement et de repos, donnent une idée de la philosophie de chaque école. Observez les enfants très actifs ou ceux qui sont très calmes pour voir comment on les aide à s'intégrer. Et, surtout, voyez si l'institutrice est patiente, chaleureuse, si elle encourage l'individualité de chacun. Sera-t-elle capable d'aimer votre enfant ? Votre propre réaction devant l'institutrice sera la façon la plus efficace de le prévoir. Sa personnalité peut être plus importante que ses capacités d'enseignante pour communiquer à votre enfant une bonne image de lui-même à ce moment critique de transition. Les parents se doivent ainsi de prendre davantage en considération l'état de développement émotionnel de leur enfant que son potentiel cognitif. Un enfant intelligent apprendra toujours s'il se sent « bien dans sa peau ».

Être prêt

De nos jours, les parents sont souvent persuadés que leur enfant doit se préparer tôt à la compétition et gagner dès le début. Rares sont ceux qui savent s'empêcher d'enseigner eux-mêmes à leur enfant les techniques dont il aura besoin à l'école - lecture, écriture et arithmétique. Si l'on pousse trop tôt l'enfant à travailler, on le prive injustement, à mon avis, de la possibilité d'explorer son univers par lui-même, de jouer et d'apprendre par l'expérimentation. L'échec, suivi de frustration ou d'ennui, peut aider l'enfant dans son désir d'apprendre au moment où l'occasion se présente. L'âge auquel un enfant commence à acquérir des connaissances scolaires n'est pas le point principal. Trop de talents « précoces » s'éteignent complètement par la suite. Le plus important est le désir d'apprendre, et la façon dont l'enfant conçoit ce désir. Il doit ressentir qu'il contrôle lui-même son apprentissage.

L'école exige beaucoup d'un enfant : il doit être capable de concentration et d'attention. Il doit posséder l'énergie physique, la patience de rester assis pendant de longues périodes, et la capacité de s'adapter aux rythmes d'activité et de repos que pratique cette école. Il doit être capable de comprendre, de mémoriser, de suivre des directives comportant deux ou trois propositions associées, d'exécuter les tâches demandées; il faut qu'il sache être responsable de ses effets personnels et de ses vêtements.

Les capacités motrices fines, comme le découpage, le dessin et l'écriture, exigent une maturité neurologique et émotionnelle considérable. Il serait faux de penser que tous les enfants sont prêts au même âge. Certains « tardifs » ont besoin d'être reconnus tels qu'ils sont et leur rythme de développement doit être respecté. La façon dont l'enfant se sent accepté à ce moment-là peut déterminer l'image qu'il se fera de lui-même dans le futur. Accorder à l'enfant qui en a besoin une année supplémentaire pour mûrir est plus judicieux que tout faire pour qu'il arrive à l'école primaire le jour de ses six ans. L'objectif est de donner à l'enfant le désir d'apprendre. Trop d'enfants sont poussés, parce que leur intelligence le permet, sans que l'on porte suffisamment d'attention à leur maturité.

L'entrée à l'école maternelle, à l'école primaire ou dans tout jardin d'enfants, peut être retardée pour les raisons suivantes :

  • Schémas familiaux de développement lent, enfants qui se révèlent tardivement;
  • Prématurité ou problèmes physiques au début de la vie;
  • Retard dans le développement physique, petite taille;
  • Immaturité dans le développement moteur, maladresse, faibles capacités motrices (difficultés à attraper ou à envoyer une balle, à dessiner ou à découper);
  • Tendance à la distraction, périodes d'attention brèves;
  • Difficultés de coordination main droite/main gauche, ou main/œil - l'enfant a du mal à reproduire un cercle ou un carré;
  • Retard dans le développement social, difficultés à attendre son tour, à partager ou à jouer. Si l'enfant est évité par ses camarades, c'est un problème à prendre au sérieux.

Chacune de ces raisons suffit pour envisager de laisser l'enfant mûrir encore un an avant qu'il n'entre à l'école primaire, ou de le laisser un an de plus à l'école maternelle. Cependant, si un de ces retards ou une de ces difficultés continuait à se mettre en travers des progrès de l'enfant, prévoyez un examen sérieux - neurologique et psychologique - pour identifier le problème de base. Bien qu'il y ait des chances pour que l'enfant arrive à surmonter ses difficultés, il est important de comprendre les raisons de son retard, et de connaître ses atouts.

Il existe de nombreux programmes destinés aux enfants atteints de troubles de l'attention, de retards moteurs et de difficultés d'apprentissage. Trouvez celui qui convient aux difficultés de votre enfant, assurez-vous qu'il est intéressant et non pas fait pour le pousser à « grandir », à « être gentil » ou à « faire attention ». Ces programmes peuvent avoir un aspect punitif, ils n'arriveront pas à entraîner l'enfant efficacement vers la réussite. Trouvez un programme qui aide l'enfant à avoir confiance en lui, et qui vous aide vous-mêmes à mieux comprendre votre enfant.