L'enfant et la grossièreté

Si votre enfant en est là, vous pouvez dire : « Bien sûr, je suis déçu. Toi et moi, nous savons que tu peux faire mieux. Tu penses peut-être que j'attends trop de toi. C'est vrai. Mais je veux que les autres te respectent et t'aiment. Je sais que tu es un enfant formidable et je veux que les autres le sachent aussi. Je suis désolé que tu réagisses ainsi, et j'espère que la prochaine fois tu seras plus gentil. » A la première manifestation d'opposition, vous devriez relâcher la pression. L'enfant peut ne pas être capable de comprendre votre message, et ce petit discours peut être gardé pour un autre moment.

Si un enfant est régulièrement grossier, il faut s'en inquiéter. A l'âge de quatre ou cinq ans, il n'y a aucune raison de manifester une insensibilité permanente aux autres. Un tel comportement révèle un conflit intérieur et, s'il persiste, vous devriez avoir recours à une aide psychologique. La grossièreté exclut l'enfant du monde et augmente ses angoisses. Les enfants de quatre et cinq ans passent par une période où ils utilisent les mots les plus horribles qu'ils connaissent. Leur habileté à employer le mot le mieux choisi pour offenser un adulte ou un aîné est aussi étrange qu'inquiétante.

Il est très excitant pour eux d'observer la réaction qu'ils provoquent. Un public sous la main est ce qu'il peut y avoir de mieux. La conversation cesse. Les parents se regardent l'un l'autre, horrifiés. Ils n'osent pas diriger leur regard vers les grands-parents mortifiés ou les autres adultes de l'entourage qui ricanent. L'enfant sait qu'il a fait sensation. Il se répète jusqu'à ce que quelqu'un ait suffisamment repris ses esprits pour le réprimander. Après quelques bons moments de ce genre, les mots grossiers font partie intégrante de son vocabulaire. Il aura tendance à les tester à chaque occasion.

Jurer ou rechercher les mots « sales » sont des signes d'opposition et de provocation, tout à fait normaux et inévitables chez les enfants de quatre à six ans. Cela ne persistera que si les parents ou d'autres adultes réagissent trop fortement. La meilleure réaction est de ne pas avoir de réaction. Assurez-vous la "coopération des autres afin que personne ne réagisse à ce comportement provocateur. A une autre occasion, vous pouvez parler à l'enfant, lui dire que vous n'aimez pas cela, et les autres non plus. Vous comprenez son besoin d'essayer son nouveau vocabulaire, mais certains mots ne doivent être dits qu'en privé. Donnez-lui la permission de les utiliser à la maison. Si vous ne leur prêtez pas une attention excessive, ces expériences devraient cesser.

Si elles se poursuivent, vous devrez peut-être trouver un moyen pour rappeler votre enfant à l'ordre. Vous pouvez lui en parler avant d'aller quelque part. Décidez avec lui de ce que vous ferez et de ce qu'il fera si la chose se produit, et tenez-vous-en à cette décision. Dites-lui que vous essaierez de l'aider à se dominer. S'il y parvient, félicitez-le. Les garçons semblent plus portés sur les mots grossiers que les filles. Peut-être attendons-nous des filles une meilleure tenue en société et encourageons-nous inconsciemment les « mauvais » comportements chez les garçons. Ils ont tendance à utiliser des jurons et des mots grossiers dans le cadre d'un comportement « macho » à cinq et six ans, et plus tard.

Les parents se demandent avec inquiétude si ce langage va persister - et faire partie de la personnalité de l'enfant. Oui, si l'enfant en retire une grande satisfaction personnelle. Mais cela peut aussi être un symptôme d'insécurité et de malaise chez l'enfant. S'il utilise ces mots d'une façon inutilement provocatrice, et dans des endroits inappropriés, c'est surement un appel à l'aide. Faites examiner votre enfant pour voir s'il ne souffre pas d'une dépression latente ou d'un grand manque de sûreté de lui-même.

Les bonnes manières reflètent les conventions qui sous-tendent notre comportement social ; elles donnent un libre accès aux gens extérieurs à la famille. Un enfant sensible aux sentiments d'autrui, et qui a de « bonnes manières », trouvera sur son chemin plus de sourires et de nouveaux amis, que de méfiance et de visages fermés lorsqu'il partira à la découverte du monde.