Le bégaiement

Le bégaiement peut s'installer à tout âge et beaucoup de petits enfants qui parlent un peu tard, et pas très bien, bégaient vers deux, trois ans. Ils donnent l'impression de parler trop vite, leurs mots se bousculent et par instants leur parole se bloque. Ce bégaiement « presque physiologique » disparaîtra le plus souvent avec l'amélioration du langage et son bon contrôle. S'il accompagne une agitation trop marquée ou de petites manifestations d'angoisse, des troubles du sommeil ou de l'appétit, il s'améliorera et disparaîtra avec la guérison de ceux-ci. Le léger bégaiement, apparu dans les débuts du langage, n'en est pas un à proprement parler, ne doit pas vous inquiéter et disparaîtra le plus souvent sans réapparaître ultérieurement.

L'apparition plus tardive aura une signification pathologique et méritera un traitement institué le plus rapidement possible. Elle peut se faire à l'occasion d'une situation difficile pour l'enfant : entrée à l'école primaire, naissance d'un cadet, séparation, changement de conditions de vie. Le bégaiement peut survenir vers dix ou douze ans chez un enfant ayant toujours eu des difficultés d'ordre scolaire ou de relations avec son entourage, ou à l'adolescence. Il est toujours plus prononcé dans les périodes de tensions émotives et au cours de situations déclenchant de l'angoisse. Certains, par exemple, bégaient très peu à la maison, mais beaucoup à l'école, à l'occasion d'une lecture ou d'une récitation.

Le bégaiement est rarement isolé. Il peut s'accompagner de troubles respiratoires, de difficultés du développement moteur, d'énurésie, d'autres troubles du langage oral en particulier - beaucoup de bègues ayant parlé tard et assez mal -, et très souvent de difficultés affectives dont le bégaiement peut être responsable par la gêne, le sentiment d'infériorité qu'il entraîne. On distingue le bégaiement clonique dont la gêne essentielle est la répétition des syllabes, et le bégaiement tonique où prédomine le blocage dans le déroulement de la phrase. Dans tous les cas, les deux phénomènes sont intriqués. Beaucoup de parents sont profondément affectés par ce trouble de leur enfant et, même sans vouloir le reprendre à tout propos, ne peuvent se défendre de mal le supporter. Il ne sert à rien, en général, de lui demander de faire un effort, d'être plus calme, de parler plus lentement.

Comme les autres symptômes, en psychologie infantile, le bégaiement signifie que quelque chose ne va pas et il faut envisager le plus rapidement possible une thérapeutique. Il s'agit exceptionnellement de rééducation orthophonique simple. Le bègue n'est pas un enfant qui, parlant mal, doit apprendre à mieux parler. Il a besoin souvent, et parfois seulement, d'une aide par d'autres techniques : relaxation, éducation psychomotrice, psychothérapie, dont le choix ne pourra résulter que d'une étude de l'ensemble de sa personnalité, de ses relations avec son entourage familial, de ses aptitudes, de ses difficultés associées. Il faut le faire avec beaucoup de soin, car le bégaiement, par la difficulté des relations qu'il entraîne, aura un retentissement inévitable, mais d'autant moins que l'attitude familiale, des frères et sœurs, sera chaleureuse et compréhensive.