Le sommeil de bébé

Sa période d'activité à elle entraîne celle du bébé dans la période suivante. Ainsi, le nouveau-né possède déjà un rythme d'éveil et de sommeil. Après la naissance, l'environnement pousse le bébé à rester de plus en plus longtemps éveillé au cours de la journée, et à avoir des cycles de sommeil de plus en plus longs pendant la nuit. Vers quatre mois, ou même plus tôt, les périodes s'organisent en un schéma - habituellement un cycle qui dure trois ou quatre heures. Au milieu de ce cycle, il y a une heure, une heure et demie de sommeil profond pendant lequel le bébé bouge très peu et ne se réveille que difficilement, quelle que soit la stimulation. Durant une heure, avant et après, c'est un état plus léger, où l'enfant rêve et manifeste une activité intermittente.

Et, à la fin de chaque cycle de quatre heures, le bébé passe à un état semi-alerte, très proche de la conscience, où il est facile de le réveiller. A ces moments, chaque bébé manifeste son propre schéma d'activité - en suçant ses doigts, en criant, en se balançant ou encore en se tapant la tête en rythme. Les enfants plus âgés peuvent se déplacer dans leur lit, s'exercer aux acquisitions récentes comme la station debout ou la marche. Ils peuvent aussi s'agiter ou se parler à eux-mêmes. Tous ces comportements paraissent avoir pour but de défouler l'énergie accumulée au cours des activités de la journée, et d'aider l'enfant à repasser au prochain cycle de sommeil. Si les intervalles de demi-conscience sont traversés par l'enfant seul, sans aide, les cycles de sommeil se stabilisent et l'enfant les prolonge peu à peu jusqu'à rester endormi pendant huit ou même douze heures d'affilée.

Les recherches ont montré que la prolongation de ces cycles dépend d'une sorte de conditionnement. Si l'enfant se trouve dans un environnement qui renforce chaque période alerte avec une réaction ou une tétée, il ne pourra pas prolonger le cycle en se rendormant tout seul. Mais, s'il n'y a pas de réaction, il devra bien trouver ses propres schémas pour défouler son besoin d'activité et se réconforter, et passer ainsi au cycle suivant. Au cours de la première année, certains moments où le bébé a tendance à se réveiller la nuit sont prévisibles, même s'il ne le faisait pas avant. Entre huit et neuf mois, et de nouveau à un an, l'enfant fait des progrès rapides dans le domaine de la conscience cognitive (face aux étrangers, aux situations nouvelles, aux endroits inconnus et aux changements des habitudes quotidiennes), qui coïncident avec un élan du développement moteur (reptation, station assise vers huit mois; station debout, marche et escalade entre douze et quatorze mois).

Cette activité accrue s'accompagne d'une capacité nouvelle : s'éloigner de la base sécurisante que représentent la mère et le père. L'excitation et les craintes entraînées par cette possibilité toute neuve peuvent avoir pour effet d'interrompre temporairement les schémas de sommeil de l'enfant. Selon certaines recherches sur le schéma de sommeil normal chez les bébés, 70 pour cent d'enfants américains dorment huit heures par nuit à trois mois, et 83 pour cent à six mois; à un an, ils ne sont que 10 pour cent à ne pas faire leurs nuits. Un concours de circonstances peut expliquer que la plupart des enfants dorment toute la nuit: l'attitude des parents la nuit, l'absence d'autre stimulation et le propre besoin de l'enfant de prolonger une partie de son cycle de vingt-quatre heures.