L'enfant et la propreté

Elle ne devenait exigeante qu'après l'âge de 1 an. Le lavage à la main des couches de coton, des culottes et des vêtements l'incitait à une certaine pression éducative. Tant d'enfances ont été marquées négativement par ces comportements familiaux que les pédiatres ont incité les parents à respecter la maturation spontanée de l'enfant en ce qui concerne le contrôle des sphincters. L'enfant étant en période d'opposition entre 1 et 3 ans, les discours, récompenses ou punitions concernant la propreté ne font que renforcer les blocages psychologiques. On en est donc venu à une attitude de tolérance et de respect de l'enfant. Pour y parvenir, il faut connaître ses sensations et sa maturité.

Ne pas laissez trop longtemps votre enfant emballé dans son urine et ses selles

L'industrie vous propose des produits de plus en plus performants, les changes complets. Ils ont l'avantage non seulement de se jeter, mais d'être imperméables : les urines et les selles ne salissent plus les vêtements. Mais cet emballage en couches scotchées ne doit pas être prolongé trop longtemps : il prive votre jeune enfant de la sensation d'être fesses nues dans une culotte sèche.

Quand proposer le pot ?

Quand votre enfant est prêt. Il n'y a pas d'âge précis. Un enfant peut être prêt dès 1 an (dès qu'il marche avec stabilité) ou attendre 2 ans. Si vous voulez qu'il devienne propre avant qu'il ait atteint cette maturité, il risque de s'enfermer dans un refus obstiné et vous mettrez alors beaucoup plus de temps pour obtenir un résultat. A l'inverse, si, alors que votre enfant veut enlever ses couches et fait pipi dans le pot lorsque vous l'y installez, vous préférez, pour des raisons de commodité, le laisser en change complet toute la journée, il risque de régresser et de se complaire à être ainsi humide.

Vous devez proposer le pot à votre enfant :

  • lorsqu'il demande d'enlever ses couches ;
  • s'il émet un signal lorsqu'il va se salir ;
  • s'il répond de façon concluante lorsque vous l'asseyez sur le pot.

Vous ne devez pas insister :

  • si votre enfant pleure pour s'y asseoir ;
  • s'il se lève régulièrement sans avoir rien émis ; - si ces séances infructueuses vous énervent. La maîtrise des selles et des urines se fait à peu près simultanément, même si vous avez l'impression d'un résultat plus facile avec les selles, du fait d'une prévisibilité de leur horaire. L'enfant comprendra d'autant mieux l'utilité du pot si vous ne lui mettez pas de couches en permanence. Bien sûr les « accidents » sont inévitables au début. Ne commencez pas cette éducation au moment où vous venez d'installer une moquette neuve dans toute la maison. Choisissez plutôt une période de vacances dans une maison carrelée, en saison chaude, où laver le linge est facile.

Les règles d'or de l'usage du pot :

  • ne jamais vous fâcher pour que l'enfant s'y assoie ou y reste assis ;
  • réserver une boîte de jouets pour le moment du pot ;
  • jouer avec lui au début, en vous asseyant à côté.

L'éducation « à la couche »

« Il ne fait rien dans son pot, et il suffît que je lui mette sa couche pour qu'il fasse pipi... » Cette réflexion de beaucoup de mères m'a amenée à la conclusion suivante : le pot ajoute une contrainte supplémentaire à un apprentissage déjà complexe. Sur le pot, l'enfant, très actif à cet âge, doit rester immobile alors qu'il a envie de se lever, d'aller et venir. Apprendre dans ces conditions à percevoir sa vessie pleine et à commander son sphincter au bon moment est une difficulté supplémentaire.

On peut simplifier le problème en ne proposant plus le pot mais la couche elle-même, dont l'enfant connaît déjà l'usage. Vous le laissez alors en petite culotte et ne lui mettez la couche que toutes les heures et demie ou toutes les deux heures. Bien souvent, le petit comprend et en profite pour se soulager. Vous lui laissez la couche environ 10 minutes, puis vous la retirez et vous en posez une propre sur une chaise. Au bout de quelques jours, l'enfant vous l'apportera lui-même pour uriner. Il est devenu continent, et peu importe qu'il se serve de la couche plutôt que du pot. Lorsqu'il maîtrisera bien ses deux sphincters, il n'aura alors aucune difficulté à utiliser le pot, ou même directement les toilettes avec un adaptateur. Cette méthode n'est sûrement pas universelle, mais bien des mamans m'ont dit avoir résolu ainsi le problème en douceur.

La nouvelle culotte absorbante

Les nouvelles couches-culottes pour grands représentent-elles un progrès pour l'acquisition de la propreté ? Sceptique au début - il s'agit tout simplement d'une couche absorbante en forme de culotte -, j'ai été ensuite favorablement influencée par l'enthousiasme des mamans, heureuses de franchir ce qui leur semble être une étape - parce qu'il s'agit tout de même d'une vraie culotte s'enfilant par les pieds, parce qu'elle est moins absorbante qu'un change complet. Cette impression de progrès, ressentie par l'enfant lui-même, l'encourage peut-être. J'attends cependant d'avoir un certain recul pour évaluer cette nouvelle pratique...

La propreté nocturne

Elle s'acquiert en général peu de temps après la propreté de jour. Dès que votre enfant ne se souille plus lorsqu'il est éveillé, ne lui mettez plus de couche pendant la sieste : vous constaterez souvent qu'il se retient, dès lors qu'il se sent libéré de sa couche. Puis vous l'enlèverez la nuit. Ne tardez pas si vous le sentez prêt pour ces étapes, sinon il pourrait régresser. A l'inverse, si vos tentatives sont infructueuses, c'est qu'il n'a pas encore acquis la maturité nécessaire au contrôle de ses sphincters. Il est possible qu'il ait besoin d'une couche la nuit jusqu'à 5 ans. À partir de cet âge, l'aide du pédiatre est souhaitable, car on peut alors parler d'énurésie

Et s'il n'est pas propre le jour à 3 ans ?

La date fatidique d'entrée à la maternelle rend souvent impatients des parents jusque-là très détendus quant à l'éducation de la propreté. Sachez cependant que l'envie d'imiter ses petits camarades qui se rendent aux cabinets a de grandes chances de déclencher chez votre enfant la maîtrise de ses sphincters. Ainsi, il me semble que l'acquisition de la propreté ne devrait pas être une condition pour l'entrée en première année de maternelle.